La cinquième édition du FESTIV'ART NATURE aura lieu dimanche 20 octobre au parc de Parilly (Grand Lyon). Il devait se tenir le 6 octobre, mais une météo incertaine a amené les organisateurs à le reporter.
Vous pouvez télécharger le programme.
Ce festival est une grande exposition artistique, ainsi qu'un concours auquel se prêtent tous les artistes exposants. Le thème de cette année : Oserais-je la métamorphose ? L'œuvre en photo est celle que j'ai créée sur ce thème.
Ses dimensions : Hauteur : 85 cm - Largeur : 65 cm - Profondeur : 60 cm.
En bas, le personnage avant la métamorphose
Un personnage emprisonné par notre monde hypertechnologique et hyper-connecté.
Je suis devenue sérieusement électrohypersensible (EHS) en 2023. Le niveau ambiant des ondes m'oblige à rester cloîtrée chez moi, dans une pièce aménagée au moyen de blindages contre les ondes des antennes-relais, de la wifi du voisinage, etc. Je ne peux plus mener une vie normale : aller au restaurant, aux spectacles, à des réunions, des fêtes, travailler hors de chez moi. Car tout le monde porte un téléphone allumé, il y a la wifi, le bluetooth, les antennes... Je suis donc emprisonnée par les ondes (qui sont symbolisées par les cercles concentriques).
J'ai aussi symbolié le monde de la surveillance omniprésente avec une caméra de vidéosurveillance placée au-dessus de la tête du personnage.
Le plateau sur lequel il se tient représente un circuit imprimé.
Le personnage est immergé dans les ondes artificielles, qui viennent le bâillonner. Cela symbolise le fait que les personnes électrohypersensibles (EHS) n'ont pas de voix dans cette société. L'EHS constitue un handicap invisible qui nous empêche de rester insérés dans la société. L'exposition aux ondes nous rend malades, mais la France ne reconnaît pas le lien de cause à effet entre l'exposition aux ondes et nos souffrances. Le monde médical n'est pas du tout formé à l'EHS. Nous ne savons plus où habiter, nous perdons notre travail, et nous n'avons pas de voix pour nous faire entendre. Aucune oreille ne nous prête attention ; nous sommes face à un océan d'incompréhension. Nous sommes pris pour les fous.
En haut, le personnage métamorphosé
C'est le même personnage, dans un monde sans ondes nocives, sans cette hypertechnologie qui nous déshumanise, qui nous dénature. Une seconde naissance, symbolisée par le bassin d'eau duquel il vient d'émerger. Une bonne onde naturelle qui le lave de toutes les charges électriques qui envahissaient et polluaient son corps.
Un être faisant partie intégrante de la Nature (contrairement à l'être humain technologique, qui a décidé de s'affranchir de la nature et qui la détruit avec une efficacité effrayante).
Le personnage retrouve sa joie de vivre et sa sérénité : son cœur chante !
Une douce chaleur se diffuse. Elle fait fondre le monde glacé de la technique et du virtuel. Le personnage perçoit un grand rayonnement de bonne énegie dans tout son être.
Les matériaux
Les personnages sont des gourdes pèlerines que j'ai moi-même cultivées et préparées. Ce sont des fruits de la famille des courges (voir la page "Gourdes" sur ce blog).
Les végétaux de la "haie" sont des tiges d'actinidia (plante qui porte les kiwis) pour les tiges tortueuses, que j'avais coupées dans mon jardin et fait sécher, ainsi que des brindilles mortes et de la monnaie du pape, glanées dans la nature.
Les fruits et les fleurs : les boules dorées sont des jeunes glands immatures de chêne. Les autres fruits sont faits avec le réservoir de graines provenant du fruit de pavots séchés, que j'ai cultivés dans mon jardin. Les fleurs sont faites avec les dessus des fruits de pavot, que j'ai détachés de leur base renflée, et que j'ai fixés sur des cure-dents en bois.
Certaines feuilles sont faites avec des membranes de monnaie du pape.
Objets détournés
D'autres feuilles sont constituées de deux couches : l'une en papier d'imprimante 80g et l'autre en papier calque, peintes puis vernies. Elles viennent prendre "en sandwitch" le bout des brindilles.
Le plateau bas est fait avec une chute de planche qui avait servi à faire un étagère.
La peinture est acrylique.
La vannerie qui entoure le plateau du bas est faite avec des feuilles de vieux journaux. Une fois la vannerie terminée, je la peins : ni vu ni connu !
Les montants (les "barreaux" de la prison) sont en fil de fer recuit, acheté chez un négociant de matériaux de construction, puis peints en noir une fois torsadés.
La "caméra de vidéosurveillance" est faite avec un pot de compote et une balle de ping-pong.
Vannerie du plateau haut
Sur un cercle de tiges de noisetier, j'ai tendu des fils de fer qui se croisent au centre du cercle. Puis j'ai tressé le plateau en vannerie.
Le lien dont je me suis servie pour tresser le centre (peint ensuite en bleu pour symboliser le bassin d'eau) est un usage détourné de fil pour attacher la vigne (fil de fer fin entouré de papier craft).
La vannerie périphérique (que je ne peindrai pas) est faite avec des tiges sèches de fleurs de jacinthe (le cercle plus clair après le fil de fer-craft), et des feuilles d'iris et d'hémérocalles du jardin.
Le tressage de la "haie", qui tient toutes les tiges ensemble, est fait avec le fil pour la vigne, que j'ai lasuré une fois le tressage terminé.
Toutes les périodes passées à créer cette œuvre, mises bout à bout, correspondent au volume d'un mois de travail entier (semaines de 35 heures).
Venez découvrir cette œuvre "en chair et en os" au Festiv'Art Nature, ainsi que celles des autres artistes ! Si vous n'êtes pas disponible ou si vous habitez loin, n'hésitez pas à vous inscrire à la newsletter. Cela vous permettra de connaître le parcours ultérieur de cette œuvre dans divers lieux (notamment le Salon primevère 2025).
Je vous indiquerai très prochainement le lien pour voter en ligne pour le concours artistique, qui vous permettra de faire votre choix parmi les 80 œuvres en lice.